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Une pétition pour la fermeture de CNews obtient plus de 600 000 signatures : ce qui pourrait se passer maintenant

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Une pétition réclamant la fermeture de CNews a dépassé les 600 000 signatures sur le site de l’Assemblée nationale. Elle peut désormais donner lieu à un examen en commission, mais seule l’Arcom a le pouvoir de retirer l’autorisation d’émission d’une chaîne de la TNT.

CNews est l’une des chaînes les plus controversées du paysage audiovisuel français. Propriété du Groupe Canal+, et donc de l'”Empire Bolloré”, la chaîne est régulièrement pointée du doigt pour ses discours polarisants, ce à quoi elle répond en revendiquant la liberté d’expression. Mais sur le site de l’Assemblée nationale, une pétition publique veut aller encore plus loin et faire purement et simplement fermer la chaîne d’information en continu.

Déposée le 10 juin dernier par un certain Lucas Massoni, la pétition a explosé récemment et a déjà récolté plus de 686 000 signatures sur les 500 000 nécessaires pour un possible débat en séance publique au sein de l’hémicycle. “CNews n’est pas une chaîne d’information. C’est une machine de propagande. Depuis 2019, elle cumule 27 rappels à l’ordre et 630 000 euros d’amendes. C’est le record absolu de l’audiovisuel français”, justifie le dépositaire de la pétition sur le site de l’Assemblée.

Une ascension brutale fin octobre

Ce n’est que dernièrement que la pétition a pu atteindre le nombre minimum de signatures pour peser dans le débat. Elle comptait en effet moins de 100 000 signatures numériques avant fin octobre, et plus de 200 000 signatures au 30 octobre dernier selon Paris Match. Et les chiffres ne cessent d’augmenter.

Selon le règlement de l’Assemblée nationale, une pétition a donc besoin de 500 000 signatures pour espérer être remarquée et donner lieu à un débat. C’est la commission compétente qui devra alors décider de classer ou d’examiner le sujet de la pétition. Si elle est examinée, un député-rapporteur sera désigné par ses collègues députés. Il aura alors soit la tâche d’examiner le texte au cours d’un débat faisant l’objet d’un rapport parlementaire, soit de classer la pétition.

La fin de CNews ?

M. Massoni, lui, réclame deux mesures de la part de l’Assemblée nationale : le retrait immédiat de la convention de TNT de CNews, et la fermeture immédiate de la chaîne. Pour appuyer sa pétition, il cite les différentes accusations et condamnations dont la chaîne a fait l’objet ces dernières années, dont l’ouverture récemment d’une enquête par le parquet de Paris pour “injure publique” à caractère raciste contre le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko. L’internaute fait même le rapprochement avec le contexte politique américain. “Vingt ans de Fox News ont préparé Trump, l’assaut du Capitole, la fin du droit à l’avortement, la sortie des accords climat. Un média n’est jamais neutre. Il façonne un pays. CNews applique la même recette, sur le même calendrier, avec les mêmes cibles que Fox News.”

“Une fréquence publique, ça se mérite, ça ne se souille pas.” – Lucas Massoni, dépositaire de la pétition

Toutefois, il y a très peu de chances que la chaîne ferme comme le souhaite la pétition et, si cela devait arriver, ça pourrait prendre très longtemps avant que cela ne prenne effet. Tout d’abord parce que c’est l’Arcom qui est seul responsable de l’autorisation d’émission des chaînes de la TNT, et que l’on est encore loin de cette étape. CNews a été mise en demeure par l’Arcom le 12 juin dernier sur le pluralisme, ce que CNews conteste en évoquant un possible recours au Conseil d’État. Ce n’est qu’après la mise en demeure que des sanctions pourraient tomber selon la loi de 1986. Un programme peut alors être suspendu, la durée de l’autorisation d’émission fortement réduite voire retirée en cas d’ultime recours.

De son côté, la chaîne a refusé de réagir. “Nous ne ferons pas de commentaires sur cette pétition politique”, a-t-elle expliqué à l’AFP.

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